Géographie du figuier de barbarie
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Province de Taza
Figuier de Barbarie à Guercif (province de Taza) : Situation actuelle et perspective de développement
Bourass Boujema - Ingénieur pastoraliste - D.P.A de Taza
Décembre 2004
1- Caractérisation du cactus dans les zones de Guercif – province de Taza
1. Répartition spatiale de l’espèce
• plante endémique et depuis longtemps cultivée à Taza
• devenue presque une plante domestique et cosmopolite à l’exception des zones de montagne ou la gelée et le froid limitent son extension
• son importance et utilisation varient d’une zone à l’autre
- le cactus épineux est présent comme paysage rural en plantations de haies limitant les maisons, douars et parcelles agricoles et offrant un abri contre le froid et refuge pour les animaux de basse –cours, surtout au sud et nord ouest de la province
- le cactus inerme et épineux sont largement représentés à l’est de la province (zone de Guercif) et parfaitement intégrés dans les systèmes d’exploitation traditionnels, particulièrement à :
o Saka : 600 ha
o Mezguitem - Ouled Zemmour : 350 ha
o Houara Rahou : 300 ha
o Taddert : 250 ha
o Lamrija : 120 ha
o Berkine : 80 ha
o Ras Laksar : 50 ha
o Sabbab : 40 ha
2. Techniques de propagation
• multiplication par boutures (raquettes) ou dissémination de graines par oiseaux et animaux
• plantations de raquettes à plusieurs cladodes avec ou sans travaux du sol
• mise en terre dans des banquettes profondes de 5-15 cm, larges de 20-40cm et longueurs variables
• espacement entre plants généralement de 30 cm, entre sillons de 1-2 m et inter -lignes de 3-4 m
• densité variable de 3000 - 6000 P/ha ou plus, en fonction de la taille des parcelles plantées
• Choix des sites :
- ce sont les parcelles incultes, plus marginalisées et infertiles qui sont visées pour plantations
- ce sont également les sites limitrophes des habitats qui sont plantés pour leur sécurité de protection contre les abus de pacage et autres
- aussi, le cactus épineux est planté comme clôture pour servir de haie de délimitation défensive des propriétés.
3. Entretien de la culture
• généralement, cette culture ne bénéficie d’aucun entretien et considérée par les habitants comme plante simple et non exigeante
• certains apportent du fumier au moment des travaux du sol, d’autres après installation des cultures
• les autres soins (désherbage, binages, traitements…) ne sont nuls parts pratiqués
4. Techniques d’exploitation
• Le cactus est haché le matin, séché et distribué à l’étable le soir aux ovins, caprins, bovins et caméliens
• les raquettes épineuses sont flambées au feu avant d’être distribuées
• les raquettes sont exploitées en été et automne, jusqu’à l’arrivée des 1eres pluies.
• en années de sécheresse, il est utilisé presque toute l’année
• quantités distribuées par jour sont variables et généralement de :
8-10 raquettes (bovins), 2-3 raquettes (ovins), 1-2 raquettes (caprins)
• généralement les techniques d’installation du cactus sont relativement connues, alors que celles d’exploitation ne sont pas bien maîtrisées dans la zone (hauteur et fréquence de coupe, âge de coupe, équilibre alimentaire des rations…….).
4. Profil variétal
|
Non local ou variétal |
Présence des épines |
Période floraison |
Période maturation |
appréciation générale |
|
Roumia |
épineuse |
mars - mai |
Juin – août (saka) Juillet -octobre (Mezguitem –ouled zemmour) |
Sucrée mais pulpe graineuse |
|
Msalma ou Beldia |
inerme à peu épineuse |
mars - mai |
Juin – août (saka) Juillet -octobre (Mezguit-od zem). |
plus sucrée juteuse et moins graineuse |
NB: la variété Roumia est plus vigoureuse, plus rustique et plus résistante à la destruction par les animaux par rapport à la variété inerme.
5. Période de plantation:
2 périodes semblent être favorables dans la zone:
− automne (sept - nov) : moins pratiqué en raison de la sécheresse et le stress hydrique contraignant la réussite des plantations en cette période
− printemps (fev – mars): plus pratiquée dans la zone en raison de montée en début bourgeonnement des raquettes, du pic des précipitations en cette période. Mais les plantules sont immédiatement exposées aux risques des fortes chaleurs de la saison d’été qui suit en zones arides.
6. Niveaux de production fruitière:
• variable d’un producteur à un autre en fonction du système de conduite et d’entretien adopté
• dépend également des conditions climatiques de l’année et de l’âge des plantations
7. Commercialisation:
• c’est une contrainte majeure limitant le développement du cactus dans la zone
• par manque de moyens chez les producteurs, la commercialisation se fait à travers les intermédiaires venant de Guercif, Taza, Oujda ou Fès et qui en profitent des marges bénéficiaires obtenues sur le marché des consommateurs.
• les prix dépendent étroitement:
− de l’offre : sont très bas en année de surproduction
− de la période: sont élevés en début (juin) et fin de maturité
− de la variété: sont élevés pour les fruits de cactus inerme plus sucré et juteux et faibles pour ceux du cactus armé, épineux et grainneux
• Les prix moyens au niveau - producteurs varient de :
– 1000 à 3000 DH/ha (vente sur pieds)
– 10 à 40 DH/ caisse de 30Kg
• Prix moyens au niveau marchés consommateurs de :
− 50 à 90 DH/caisse de 30 Kg, ce qui laisse perdre au producteur une valeur ajoutée autour de 40-50 DH/caisse de 30Kg. même plus en cas de vente de la production sur pied.
8. Rôles du cactus dans la zone
• Usage fourrager pour alimentation animale
− constitue une meilleure alternative pour lutter contre les effets de sécheresse fréquents dans la zone
− considérée comme réserve fourragère sur pied mobilisable en périodes de soudure d’été et automne et ou le taux de M.S des raquettes est élevé, pour éviter les problèmes métaboliques (diarrhées….)
− servir comme réservoir d’eau répondant aux besoins accrus d’abreuvement du cheptel en périodes de forte chaleur
− les variétés inermes sont plus appréciées par les animaux que celles épineuses
• Rôle économique
− son importance économique réside dans la production des fruits déstinés à l’alimentation humaine et également générateurs de revenus et d’emplois au profit des habitants.
− il y’a également des opportunités qui se présentent aux producteurs pour la vente de raquettes en formes de boutures destinées à des entreprises titulaires de marchés de plantation de cactus dans la province ou ailleurs (0,30 – 0,50 DH/bouture)
• Rôle écologique : le cactus est utilisé comme:
− moyen de protection des sols contre l’érosion et d’amélioration de sa structure physique et minérale
− moyen de mise en valeur des terres marginales caillouteuses et infertiles dans la zone
− brise vent, abri de protection et clôture défensive des exploitations.
− niche ou habitat des faunes domestiques ou sauvages
• Autres usages dans la zone
− source mellifère importante pour l’apiculture durant la période de floraison de mars - mai
− usage thérapeutique pratiqué localement dans le traitement des inflammations (rate et reins) par les cladodes chauffées au feu.
2- Atouts et contraintes de développement du cactus dans la zone
Ä Atouts
• rôle socio-écon. vital joué par le cactus dans la zone de Guercif
• importante répartition de la culture de cactus qui est considérée comme espèce clé endémique de la zone
• bonne intégration de cette culture dans les systèmes de production traditionnels et les coutumes locales
• existence de potentialités du milieu compatibles avec les exigences du cactus (sols légers, climat aride…)
• importante étendue des parcours collectifs et nécessité de leurs réhabilitations
• importance et intérêt accordé à l’élevage extensif dans la zone
• proximité des centres urbains (Guercif, Taza)
Ä Contraintes
• fréquence des années de sécheresse, faiblesse et irrégularité des pluies et leur concentration dans une courte période de printemps
• absence d’organisations des circuits de commercialisation du cactus
• multiplicité d’intermédiaires sur le marché
• prédominance des pratiques culturales archaïques
• manque d’intérêts accordés à l’entretien de cette culture et qui est vue comme espèce qui croit facilement partout et sans soins culturaux
• hétérogénéité variétale
• méconnaissance par les producteurs des techniques modernes de culture et d’exploitation du cactus
• exiguïté, morcellement des exploitations et compétitivité croissante d’autres spéculations agricoles sur le choix des sites de cultures (orge,…)
• enclavement de certaines zones
• complexité du statut collectif des parcours