Géographie du figuier de barbarie
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Province de KHOURIBGA
EXPÉRIENCE DE LA PROVINCE DE KHOURIBGA DANS LA CULTURE DU CACTUS
INTRODUCTION
La culture du figuier de barbarie (Opuntia ficus indica) connue communément "cactus" est un créneau promoteur dans la zone de Khouribga. La capacité de la plante à la rétention de l’eau lui confère la faculté d’adaptation aux régions arides et semi arides. Le cactus est cultivé non seulement pour ses fruits, mais aussi pour ses raquettes ou cladodes utilisées dans l’alimentation animales et dans la cuisine humaine dans certains pays.
Compte tenu ces divers utilisations et l’historique de la culture de cactus dans la province de Khouribga, plusieurs programmes et essais de plantation ont été mené en vue de développer ce secteur dans le cadre du programme national de lutte contre les effets de la sécheresse et les essais de transfert technologie menées par l’INRA de Settat. Dans le même contexte s’insert la présente intervention et qui vise à évoquer l’expérience de la plantation du cactus vécue dans la province de Khouribga et les possibilités de développer l’exploitation cette plante.
I- MONOGRAPHIE DE LA PROVINCE DE KHOURIBGA
La province de Khouribga appartient à la zone du centre et s’étend sur une superficie de 4.250 km². Subdivisée administrativement en trois cercle : Khouribga, Oued Zem et Boujaâd, elle est caractérisée par un climat semi aride à hiver froid et été chaud. La pluviométrie est marquée par une irrégularité inter et intra annuelle et les précipitations moyennes annuelles enregistrées en 2003 sont de l’ordre de 341 mm.
La pédologie de la province est dominée en majorité par le plateau du phosphate, avec des altitudes qui fluctuent entre 600 et 1000m. les parcours sont représentés par des classes de sols squelettiques développées sur une formation géologique de l’ère secondaire, dont les calcaires blancs partiellement dolomitisés et lapiézés affleurent en surface sous forme de bandes reconnues localement par "Makrat".
Les conditions climatiques, géologiques et géomorphologiques font que les ressources en eaux souterraines soient limitées sous forme de nappes perchées. Cependant, les ressources en eaux superficielles dépendent fortement des conditions climatiques.
La province de Khouribga est une zone à vocation élevage avec 500.000têtes d’ovins à prédominance de la race jaune de Bejaâd, pâturant sur 54.000 ha de parcours à couvert végétatif très dégradé.
La pratique de la céréaliculture prédomine la sole de la province avec 156.000ha, soit 73% de la SAU, combinée à l’arboriculture, surtout l’olivier sur 6.700ha, soit 3% de la SAU. La plantation du cactus occupe 3.820ha, éparpillé sur toute la province sous forme de vertus clôturés par des murettes en pierres aux alentours des finages, ou groupés en sites sis à une altitude allant de 730 à 860m.
II- PROGRAMMES D’INTERVENTION
L’élevage ovin constitue la principale trésorerie des agriculteurs de la province de Khouribga. Toutefois, l’alimentation des troupeaux représente une contrainte majeure pendant les périodes de disettes. Face à cette situation, les interventions en matière de plantation de cactus dans la province ont concerné le programme de lutte contre les effets de la sécheresse, les essais de transfert technologie conduits avec le centre régional de l’INRA de Settat et les Projets de Mise en Valeur en Bour du cercle de Bejaâd.
II-1. Programme de lutte contre les effets de la sècheresse
Conduit en 1999 suite à la succession de trois années de sécheresse, ce programme a été axé sur deux volets : la prise en charge des frais de transport des aliments de bétail et subvenir au déficit fourrager par la plantation du cactus sur 500ha selon le tableau suivant :
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Cercle |
Commune Rurale |
Superficie en Ha |
Nature de terrain |
|
Khouribga |
Ouled Azzouz |
160 |
Domaine forestier à sol peu caillouteux |
|
Oued Zem |
Ouled Aissa |
80 |
Terrain privé très accidenté à pente forte |
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Bejaâd |
Ouled Gouaouch Kaïcher |
170 90 |
Collectif à sol squelettique avec une dalle calcaire affleurant en tâche par endroits |
II-2. Projet de Mise en Valeur en Bour
Dans le cadre de la stratégie nationale pour le développement des terres de parcours en zones bour, les actions d’amélioration des parcours qui s’insèrent dans le cadre des PMVB ont alloué une grande importance à la plantation par des arbustes fourragers dans la province de Khouribga, notamment l’espèce Atriplex nummilaria. Cependant, les actions de plantation par le cactus inerme "Opuntia ficus indica ssp inermis" restent restreintes et ont concerné une superficie de 250ha, plantée sur les terres squelettiques marginales à texture caillouteuse du collectif "makrat Ouled Gouaouch", avec un coût unitaire de 1.540 Dh/ha réalisé à l’entreprise.
II-3. Essais conduit chez les privés
La commune Aït Ammar a fait l’objet d’une action de plantation de cactus sur une superficie de 40ha chez les privés. Cet essai variétal conduit chez les agriculteurs est assisté par le centre de l’INRA de Settat consiste en la plantation de quatre variétés de cactus : Moussa, Aissa, Achefri et El Haddawiya. L’approche participative a été une partie intégrante dans cette action, puisque les bénéficiaires ont été appelés à s’investir pour tout l’itinéraire technique (ouverture des trous, mise en terre, irrigation et entretien), alors que l’achat du matériel végétal, son transport et sa distribution sont a été sur la charge de l’administration.
III- CRITIQUE DES PROGRAMMES
La réalisation des programme établis pour la plantation du cactus ont certes connu un succès concrétisé sur terrain, toutefois, l’expérience de certains sites non réussi a permis d’enrichir nos acquis techniques afin de mieux les exploiter dans les réalisations ultérieures.
Dans le cadre des PMVB réalisés à Bejaâd et le programme de lutte contre les effets de la sécheresse, une superficie de 600Ha plantée en cactus a été réussie sur le plan technique, tandis que, les essais conduits chez les terrains des privés sur une superficie de 40 Ha et une superficie de 160 Ha menée sur le domaine forestier sont vouées à l’échec.
III-1. Succès des interventions
La réussite des interventions sur une superficie de 600 Ha a été liée à plusieurs facteurs énumérés dans le tableau suivant :
Superficie |
localisation |
cadre |
Facteurs de succès |
|
170 Ha |
Makret Ouled Gouaouch (Bejaâd) |
Programme de Lutte Contre les Effets de la Sécheresse |
- Substrat caillouteux à affleurement de la roche calcaire par en droits; - Itinéraire technique bien maîtrisé : ouverture des potets 20x20x15cm, rebouchage, respect de la période de mise en terre en mois de février, irrigation et travaux d’entretien ; - Suivi régulier du chantier depuis son début par les cadres de l’agriculture ; - le travail du site à l’entreprise ; - Le bon gardiennage du site par l’entreprise et sa mise en repos de 2ans par les usagers. |
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90 Ha |
Makret Kaicher (Bejaâd) |
Programme de Lutte Contre les Effets de la Sécheresse |
- Substrat caillouteux à affleurement de la roche calcaire par en droits; - Site dénudé sis à proximité de la forêt et par conséquent mis en repos suite à la charge animale omise sur la flore de la forêt ; - Itinéraire technique bien maîtrisé et choix minutieux du matériel végétal ; - le travail du site à l’entreprise ; - Bon gardiennage du site par l’entreprise et sa mise en repos de 2ans par les usagers. |
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250 Ha |
Makret Ouled Gouaouch (Bejaâd) |
PMVB Od. Gouaouch - Bni Zrantel - Boukhriss |
- Substrat caillouteux à affleurement de la roche calcaire par en droits; - Continuité du site de 170Ha réalisé dans le cadre du PLCES ; - Itinéraire technique bien maîtrisé : ouverture des potets 20x20x15cm, rebouchage, respect de la période de mise en terre en mois de Septembre, irrigation et travaux d’entretien ; - Bon gardiennage du site par l’entreprise et sa mise en repos de 2ans par les usagers. |
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80 Ha |
Terrain privé Od. Aissa (Oued Zem) |
Programme de Lutte Contre les Effets de la Sécheresse |
- Terrain accidenté à pente forte et substrat moyennement caillouteux ; - Travail du site à l’entreprise ; - Itinéraire technique bien maîtrisé et choix minutieux du matériel végétal ; - Continuité du terrain et son gardiennage par son propriétaire qui a une vision environnementale; - Plantation inter lignes de cactus par des lignes d’espèces forestières (Eucalyptus, Acacias, Atriplex…) à la charge du propriétaire. |
III-2. Echec des interventions
L’échec des interventions sur une superficie de 200 Ha a été liée à plusieurs facteurs énumérés dans le tableau suivant :
Superficie |
localisation |
cadre |
Facteurs d’échec |
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160 Ha |
Makret Ouled Gouaouch (Bejaâd) |
Programme de Lutte Contre les Effets de la Sécheresse |
- Domaine forestier à texture meuble ; - Travaux de sous solage important par ouverture de sillons de 60cm de profondeur en respectant les courbes de niveau; - Précipitations importantes juste après les prestations de mise en terre et l’irrigation ; - L’apport du matériel végétal et sa mise en terre aussitôt engorgé d’eau ; - Pourriture des raquettes de cactus . |
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40 Ha |
C.R Ait Ammar (Khouribga) |
Essais variétal |
- Absence de l’approche participative des bénéficiaires ; - Choix des variétés réussi, transport jusqu’au siège de la CR Ait Ammar, mais délaissement du matériel végétal à la pourriture et au dessèchement par la population ; - Manque d’intérêt alloué au cactus, contrairement à l’Atriplex. |
CONCLUSION & RECOMMANDATIONS
Le développement de la culture du cactus reste limité dans le circuit "production-commercialisation du fruit" et par conséquent, la culture ne bénéficie pas des techniques culturales les mieux adaptées pour promouvoir ce secteur à la transformation industrielle.
Dans ce contexte, les expériences conduites à la province de Khouribga ont permis de tirer les conclusions suivantes :
- Le cactus est une espèce végétale peu exigeante en conditions pédologiques, édapho-climatiques et techniques culturales ;
- Le travail du sol profond combinée à un sol meuble mène à l’échec de cette culture, contrairement à la texture caillouteuse qui va de pair avec la morphologie racinaire du cactus ;
- L’essais variétal a démontré l’efficacité des variétés épineuses pour esquiver l’attaque animale, suite au manque de gardiennage ;
- L’installation de la culture à l’entreprise augmente les chances de réussite du cactus grâce à l’expérience de l’entreprise dans le domaine et le respect des techniques culturales adaptées ;
- L’intensification des cessions de vulgarisation et d’information sur l’intérêt capital de cette plante ;
- L’organisation des voyages aux profit des agriculteurs intéressés par l’installation de cette culture dans leur parcelle privés.
A la base de cette petite expérience conduite dans la province de Khouribga sur a culture du cactus, et compte tenu du rôle que le figuier de barbarie peut jouer dans la substitution de plusieurs aliments destinés à la consommation aussi bien humaine qu’animale, les recommandations suivante peuvent être apportées :
· L’encouragement de la culture du cactus à l’instar de l’olivier par octroi de la prime à l’investissement pour tout hectare cultivé en cactus avec une densité unifiée à l’échelle national ;
· L’encouragement des jeunes promoteurs à la création des unités industrielles de transformation du "cactus" depuis le fruit jusqu’à la racine : Industrie alimentaire de label "bio", produits thérapeutiques, produits d’esthétiques,…
· Création d’une association marocaine de cactus qui s’occupera d’épandre la connaissance de cette plante à travers les revus, les séminaires, les ateliers, l’organisations des voyages, l’établissement des contacts avec les pays les mieux placer pour le Maroc dans ce domaine,
· Rendre un hommage national à cette plante dans la philatélie marocaine (impression de timbres qui portent la photos de cactus). Dans le même contexte, 44 pays ont rendu hommage à cette plante dans leur timbres à savoir : Mexique, USA, France, Tunisie, Algérie, ….