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Maroc

MAP

12/02/04

3-ème journée nationale sur le cactus

Le Matin

04/10/05

Extension d'une zone d'irrigation et plantation de 2000 hectares de cactus

L'Opinion

15/08/06

Les figues de barbarie venant du sud envahissent les rues

Aujourdui le Maroc

18/01/06

15/07/02

Les secrets cachés des figues de Barbarie

La figue, l’écrivain et le 4x4

L'Economiste

25/10/99

Un projet de chaîne agro-alimentaire à base de cactus pour la région de Kalâa des Sraghna

Algérie El Moujahid 02/08/05 La figue de Barbarie arrive sur les marchés

Le Jeune Indépendant

03/09/06

Après une longue éclipse : Karmouss n’ssara aux abords des marchés
Tunisie

La Presse

10/05/06

Figue de Barbarie, plante du futur : le cactus détrônera-t-il les agrumes ?

Le Temps

24/08/06

Les mille et une vertus de figues de barbarie

Autres

 

 

 

 


 3-ème journée nationale sur le cactus (12/2/2004)   Le ministère de l'Agriculture, du Développement rural et des Pêches maritimes a élaboré un plan national prévoyant la plantation de 100.000 ha de cactus à l'échelle nationale à l'horizon 2020, a affirmé, mercredi à Benguerir, le secrétaire d'Etat chargé du développement Rural, M. Mohamed Mohattane.

Le secrétaire d'Etat, qui intervenait à l'ouverture de la "3-ème journée nationale sur le cactus", a expliqué que cette politique vise à promouvoir la situation socio-économique des agriculteurs en milieu rural et à contribuer à la diversification biologique. En dépit des efforts déployés par le ministère en matière d'amélioration du pâturage à travers la plantation fourragère, notamment le cactus, les résultats n'ont pas atteint les objectifs escomptés, a déploré M. Mohattane.
De fait, la superficie plantée par les pouvoirs publics jusqu'à présent ne dépasse guère les 115.00 ha, dont 10.000 ha de cactus, a-t-il dit, expliquant ce déficit par plusieurs raisons, notamment la situation foncière des pâturages en plus de facteurs liés à l'exploitation anarchique et excessive des pâturages. Il a, par ailleurs, souligné, que la province de Kalaat Sraghna figure parmi les provinces du royaume qui connaissent un développement important de ce genre de plantation.

Après avoir passé en revue les spécificités, la morphologie et la physiologie de cette plante dont le développement ne nécessite pas un effort particulier eu égard à ses retombées économiques très importantes notamment sur le développement des régions arides et semi-arides, M. Mohattane a souligné que la plantation de cet arbuste doit être accompagnée d'une vision globale sur son utilisation. Il a, dans ce contexte, appelé à fructifier la production pour améliorer les revenus des agriculteurs et créer des opportunités d'emploi en milieu rural, à l'exemple de pays comme le Mexique, l'Italie et l'Afrique du Sud.
Le secrétaire d'Etat s'est dit, par ailleurs, convaincu que la naissance d'une association nationale, dont l'assemblée générale constitutive devait se tenir ce mercredi en marge cette journée, tenue sous le thème "le cactus, un atout pour le développement des zones arides et semi-arides", et son adhésion dans le forum mondial du cactus sis au siège de la FAO à Rome, jouera un rôle important dans le développement, la transformation et la fructification de cet arbuste au Maroc. A cette occasion, M. Mohattane a énuméré les différents apports du cactus dans la préservation de l'environnement, l'aliment de bétail dans les périodes de sécheresse, le développement de l'apiculture, sans compter ses retombées positives sur la santé humaine (alimentation, pharmacologie, cosmétologie).
Pour sa part, le gouverneur de la province de Kelaa Sraghna, Amine Mrabet Targhi, a affirmé que ce programme intégré prend en considération les besoins prioritaires et encourage les projets générateurs de richesse, soulignant la nécessité de la mise à niveau du secteur agricole pour améliorer les potentialités du monde rural. Il a, dans ce contexte, appelé à promouvoir la plantation du cactus dans la région sachant qu'elle constitue un soutien au développement des zones bours de la province.
Cette journée, organisée par la direction provinciale de l'Agriculture d'El Kelaa et la direction de l'élevage, et à laquelle ont pris part des chercheurs marocains, italiens, tunisiens et mexicains, a été axée sur quatre volets portant sur la "coopération et le développement" du cactus, les "aspects nutritionnels et alimentaires", "agronomiques et génétiques" et "les aspects industriels".

 

Source : MAP www.map.ma

Date de publication : 12/02/04  

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Extension d'une zone d'irrigation et plantation de 2000 hectares de cactus

Pour permettre aux populations rurales, dans la région de Guelmim, d'améliorer leurs revenus ou de les générer, deux projets spécifiques ont été lancés hier par S.M. le Roi Mohammed VI qui était accompagné de S.A.R le Prince Moulay Rachid. Le premier projet concerne la plantation de cactus sur 2000 hectares. Il bénéficiera à 152000 personnes vivant dans huit communes rurales à une vingtaine de kilomètres de Guelmim.

Le second projet concerne l'irrigation de terrains agricoles exploités par l'association Oum Iffis dans la commune rurale de Laqsabi-Tagoust. Les travaux qui sont engagés concernent l'approfondissement et l'équipement de deux puits, l'aménagement d'une piste d'accès et la réalisation de réservoir et de canaux d'irrigation. Ils permettront d'augmenter les revenus agricoles d'une centaine de familles.

Le cactus est devenu ces dernières années une spécialité régionale. Déjà, près de 25OOO hectares sont plantés de cactus plein champ et constituent une source de revenus non négligeable pour les habitants de cette région.

Les figues de barbarie, provenant notamment des Aît Baamrane sont appréciées sur le marché national et la cueillette se poursuit jusqu'au mois d'octobre. Actuellement, deux variétés, Aïssa et Moussa, sont plantées dans la région qui connaît une production précoce et une production tardive. Selon Jandali Rguibi, président de l'association Lebbiar de développement agricole, “ la sécheresse a détruit ces dernières années près de 50% des plantations.

Avec ce nouveau programme, nous allons restaurer ce qui a été perdu. C'est très important. Le cactus permet aux agriculteurs de la région d'avoir un bon revenu et il préserve la faune et la flore. Dès qu'une parcelle est plantée, on enregistre la régénération de l'arganier et l'apparition des sangliers, des lièvres, des perdrix et de la gazelle ”. En effet, l'un des buts de cette opération est de lutter contre la désertification et la protection de l'environnement.

Les populations locales sont conscientes de cela. La stratégie de l'Etat et les besoins de des habitants de cette région se retrouvent. Abdourabih Chaffii, vice-président de la Chambre de commerce et de l'industrie de Guelmim a affirmé, tout en insistant sur une implication plus grande des pouvoirs publics dans la région que “ le partenariat entre le ministère de l'Agriculture et les agriculteurs serait bénéfique à tout le monde ”. M.Chaffii a évoqué le soutien que ce département pourrait apporter aux agriculteurs de la région et a également évoqué les tensions qui existent entre les agriculteurs et les éleveurs de dromadaires qui empiètent sur les parcelles cultivées.

Pour sa part, Lahoucine El Bouajjat, directeur provincial de l'Agriculture a estimé que son département “ ne ménage aucun effort pour soutenir les agriculteurs en jouant son rôle d'encadrement et en invitant les agriculteurs à s'organiser en associations ou en coopératives ”. Précisons que l'organisation des planteurs de cactus devrait leur permettre d'améliorer leurs revenus du fait d'une meilleure commercialisation de leur production. Par ailleurs, les variétés plantées sont exportables et permettent également de fournir de l'alimentation supplémentaire pour le bétail. Par ailleurs une industrie agro-alimentaire ainsi que l'industrie cosmétique pourraient accompagner ce programme.

Il y a maintenant suffisamment de cactus pour pouvoir soutenir une activité industrielle. On y pense déjà, mais les capitaux manquent.
En effet, dans sa tranche prioritaire, l'apport de l'INDH pour la province de Guelmim n'est que 6,7 millions de dirhams, mais constitue un levier qui a mobilisé près de 40 millions de dirhams pour la réalisation de nombreux projets qui “ s'inscrivent dans les programmes de lutte contre la précarité, contre la pauvreté en milieu rural et l'exclusion en milieu urbain ainsi que dans l'appui au micro-crédit et à la gouvernance locale ”.

Quatre types d'actions ont été retenus dans ce cadre. Il s'agit du soutien de la gouvernance locale, du soutien à l'accès aux équipements et services sociaux de base, du soutien aux activités génératrices de revenus et du soutien à l'animation sociale, culturelle et sportive. C'est maintenant au tour des grands opérateurs économiques d'agir. Le terrain est balisé.

Appui à la gouvernance urbaine
Le projet d'appui à la gouvernance urbaine vise la mise en œuvre dans quatre centres urbains de la région ( Guelmim, Tan Tan, Assa et Tata) de l'approche Agenda 21 comme instrument d'aide à la décision en matière de développement intégré et durable.

D'un montant de 8,6 millions de dirhams, ce projet ambitionne le développement des capacités de diagnostic et de planification participative des acteurs locaux. L'objectif est conforter les mécanismes de l'INDH afin de garantir l'efficience de son déploiement à l'échelle régionale

Par : Laïdi Parjou

Source : Le Matin  www.lematin.ma

Date de publication : 04/10/2005

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CASABLANCA : Petit commerce  : Les figues de barbarie venant du sud envahissent les rues
 

Les vendeurs des figues de barbarie sont venus en nombre ces derniers jours renforcer les rangs des différents marchands ambulants des légumes et fruits qui se déploient partout dans la ville. Ce fruit "exotique" est apprécié par les cidriers qui n’hésitent pas à y mettre le prix pour le déguster ou pour en faire même un repas d’autant plus qu’on lui prête des vertus médecinales.

Elle se distingue par une teneur très élevée en fibres, de l’ordre de 4,4 à 5 g aux 100 g (une valeur parmi les plus élevées pour un fruit frais). Il s’agit en très grande majorité de fibres insolubles (cellulose, hémicelluloses, lignine), formant en particulier la trame des petits pépins présents dans la pulpe. Elle apporte dans l’alimentation des compléments nutritionnels aussi variés qu’appréciables, de la vitamine C (22 mg aux 100 g), des vitamines du groupe B et de la provitamine A, ainsi que de nombreux minéraux et oligo-éléments. C’est un fruit particulièrement bien pourvu en calcium, en magnésium, en fer et en cuivre...qu’il faut manger avec modération pour les risques de constipation sévère qu’il peut provoquer en cas de consommation d’une grande quantité !

C’est par camions entiers que la figue de barbarie est acheminée vers le marché de gros. La récolte provenant du Sud, de Goulmime, Tan Tan voire aussi de Boujdour, semble abondante. Selon la qualité du produit, la caisse est proposée entre 30 et 50 dh. La figue de régions plus proches (Tadla, Doukkala, Rhamna), dont la cueillette et la commercialisation ont commencé un mois plus tôt, commence à tarir et ne présente plus les qualités gustatives recherchées. Ses arrivages diminuent et elle est proposée entre 20 et 30 dh la caisse.

Au détail et épluché, ce dernier fruit est bradé par les vendeur ambulant, selon sa grosseur et les quartiers, entre 0,20 et 0,50 dh pièce. Celui provenant du Sud est vendu nettement plus cher, entre 0,30 et 1,00 dh, toujours selon les mêmes critères. En fait, plus on s’approche du centre ville plus les prix augmentent. En dehors du transport qui est toujours assuré par la charrette poussée à la main, les vendeurs ciblent une clientèle qui n’est pas seulement non avisée en matière de tel produit de qualité mais qui passe aussi sur les détails lorsqu’on compte en centimes de dirham. Toujours est-il que le prix comprend la peine et la douleur que supporte le marchand avec les minuscules épines qui couvrent le fruit et les risque qu’il prenne avec les autorités. Lorsque la charrette n’est pas tout simplement confisquée, il doit parfois transiger pour garder sa marchandise

Source : L'Opinion   http://www.lopinion.ma

Date de publication : 15/08/2006

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Les secrets cachés des figues de Barbarie
Les cactus marocains sont un remède contre la douleur. Des scientifiques américains viennent de démontrer qu’ils contiennent une substance sédative agissant d’une manière efficace pour soulager les malades souffrant de cancer.

Les figues de Barbarie du Maroc ont une vertu lénifiante. C’est ce que vient de dévoiler une enquête médicale réalisée aux Etats-Unis. Ce fruit serait bénéfique pour lutter contre le cancer. Seules les figues marocaines auraient ce pouvoir sédatif efficace notamment pour les maladies cancéreuses. Des scientifiques américains viennent de constater les bienfaits d’une substance extraite des cactus nationaux. Une expérience a été menée dans ce sens sur un chien souffrant d’un cancer. «Les scientifiques ont réalisé une nouvelle expérience lorsqu’ils ont injecté à l’animal une quantité de sève d’une plante marocaine.
La substance chimique a détruit le nerf transmettant la sensation de douleur à partir des cellules cancéreuses. Elle n’agit pas sur la tumeur, mais apparemment le chien ne ressentait plus sa présence», relève-t-on dans une information relayée par l’agence de presse américaine AP.
La plante en question n’est autre que le cactus, tandis que la substance extraite porte le nom de «Resiniferatoxin». Le prestigieux National Institut of Health (NHI) (Institut national de la santé) se prépare pour tester cette substance sur des êtres humains souffrant de cancer, selon la même source. Le test se fera précisément sur des malades qui, malgré l’utilisation du plus puissant des narcotiques, n’ont pas été soulagés. Une deuxième étude sur la douleur menée sur des chiens débutera cet été à l’Université de Pennsylvanie. «Malheureusement, il n’y a pas de recherches au Maroc sur le cactus. Idem pour les autres plantes», annonce le Pr. Larbi Idrissi, chef du département de toxicologie, d'hygiène industrielle, environnementale et de recherches médico-légales à l’Institut national d’hygiène. «On parle d’espèces, mais aussi de sous-espèces. Le cactus est typique dans la région de l’Afrique du Nord. On le trouve aussi en Algérie et en Tunisie. Mais au Maroc, sa présence est plus importante. Sur cette substance (resiniferatoxin), j’en ai aucune idée», ajoute ce professeur.  Pour les scientifiques américains, ils comptent évoluer dans cette recherche. C’est ainsi qu’une délégation de scientifiques compte rendre visite au Royaume pour mieux découvrir ce cactus. Pour sa part, le NHI compte faire appel à une compagnie pharmaceutique pour mener des recherches plus poussées dans le traitement anti-douleur. Nos figues de Barbarie sont désormais vouées à un bel avenir pharmaceutique. Mais, qu’est-ce qui distingue en fait le cactus marocain des autres ? « Il s’agit là du facteur du terroir. Les caractéristiques des plantes diffèrent selon ce paramètre-là. Les conditions climatiques et géologiques jouent un rôle très important», répond le Pr. Larbi Idrissi.
Cette espèce a d’ores et déjà acquis ses lettres de noblesse au Mexique, son pays d’origine. Appelée «nopal», elle figure en fait sur l'emblème du drapeau mexicain. La diffusion à travers la planète de cette espèce est due autant à l'homme (comme aliment anti-scorbutique) qu'aux oiseaux qui en mangent les fruits, assurant ainsi une parfaite dispersion des graines.
Son organisation en «cladodes», couramment appelés «raquettes», rend ce fruit assez particulier. Au Maroc, les préparations traditionnelles reconnaissent les qualités cosmétiques de la sève de cette plante. Le cactus est également connu pour ses désagréments gastriques, mais là, il devient un fruit des plus lorgnés.

 

Par : Atika Haimoud

Source : Aujourdui le Maroc www.aujourdhui.ma

Date de publication : 18/01/2006

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Figue de Barbarie, plante du futur : le cactus détrônera-t-il les agrumes ?

Longtemps marginalisée, la culture du figuier de Barbarie est à la mode. Sous d’autres cieux tels que le Mexique, le Pérou, le Chili, et beaucoup plus proche de nous l’Italie, elle a même un rang de faveur. En Tunisie, la plante est introduite en début de XVIe siècle et couvre actuellement quelque 500.000 ha! C’est fabuleux, mais chez nous, et outre la consommation de son fruit, elle est surtout utilisée et connue comme plante fourragère, pour la conservation des eaux et du sol ou pour lutter contre la désertification et l’érosion.
 
Aussi, les plantations de cactus à usage fourrager sont-elles décrites comme des «banques alimentaires fourragères» ou «réserves fourragères stratégiques». La plante que d’aucuns soupçonnent d’être la plante du futur est d’abord un arbre fruitier, ce qu’on a tendance parfois à oublier.

C’est un fruit exotique, étrange et fascinant et l’on sait l’engouement du riche consommateur mondial pour ce genre de fruit qui n’est pas seulement savoureux, mais aussi particulièrement intéressant pour ses qualités nutritionnelles : pauvre en calories, riche en eau, sucres, sels minéraux, vitamines A et C et fibres. A condition de s’y mettre, d’en connaître les techniques que d’autres pays maîtrisent déjà, on pense que les Tunisiens peuvent être concurrentiels et exporter en grandes quantités le fruit le plus populaire de Tunisie.

Pour le moment, nos centaines de milliers d’ha ne sont pas rentables : une (1) à trois (3) tonnes par ha, contre 20 en Italie et 40 dans d’autres pays!

A condition qu’il n’y ait pas de gelée, c’est une plante extrêmement généreuse et qui se contente de peu pour vivre et pour produire. Elle pousse autant dans les moyens plateaux de Kasserine et du Nord-Ouest que dans les plaines et les vallées du Cap Bon ou du Kairouanais. Sa force à l’expansion est prodigieuse et spectaculaire. Toutefois, c’est dans la région de Thala et plus précisément à Zelfène (16.000 ha) qu’elle s’épanouit le mieux. Le figuier de Barbarie inerme concurrence même le traditionnel. Toutefois, la palme en fruits de contre-saison revient à Grombalia qui possède les meilleures plantations du genre. La production y prend d’ailleurs un caractère intensif avec apport de fertilisant, travail de sol et même irrigation d’appoint.

Ces techniques sont souvent acquises sur le tas et les exploitants, en l’absence d’un appui technique approprié, sont obligés de tâtonner, de s’auto-informer et souvent de se tromper avant de trouver l’astuce. Ailleurs, ces techniques sont connues et établies depuis longtemps. Les laboratoires du Mexique, d’Italie, d’Afrique du Sud et des Etats-Unis font référence en la matière.

En salade, frits ou cuits 

Outre les fruits, les jeunes raquettes du cactus sont également consommables et cela sous différentes formes. Au Mexique, elles sont consommées en salade, en fritures ou cuites et sont conservées dans du vinaigre. Certains plats de jeunes raquettes font même la réputation de restaurants célèbres de Mexico. Chez nous, il semble qu’il en a été de même pour un certain temps, quoique en moindre importance, puisqu’il est rapporté que dans certaines régions, notamment dans le Kairouanais, les femmes tiraient un jus (le «robb») à partir du fruit qu’elles donnaient aux enfants le matin avant le départ à l’école.

L’apport du cactus est encore plus édifiant en tant que source de produits pharmaceutiques et diététiques. Les recettes à ce titre foisonnent. Utilisé à l’état pur, jeune raquette ou fleurs de cactus en infusion, le figuier de Barbarie guérirait d’un tas de maladies. Il réduirait le taux de cholestérol, diminuerait la sensibilité à l’insuline, guérirait un ulcère ou réduirait l’obésité. Dans un travail récent à l’Université de l’Arizona aux USA, une molécule a été isolée du cactus et serait capable de réduire le taux de cholestérol et d’accroître les acides biliaires. La plante fait même la joie des fabricants de cosmétiques qui n’ont pas hésité à l’utiliser dans les shampoings, les savons, les lotions, les crèmes de beauté ou les gels

 

Par :

Source : La Presse  http://www.lapresse.tn

Date de publication : 10/05/2005

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Les mille et une vertus de figues de barbarie : Elle est autant dans les brouettes des vendeurs ambulants que dans les laboratoires tunisiens de recherches

Comme d’habitude, les Américains brûlent la politesse à tout le monde ; le Hendi se vend sous forme de capsule dans un flacon de 150 ml, à 22 dollars et avec ces indications : régulateur de glycémie ; anti-obésité et anti-cholestérol

Nous n'avons fourni aucun effort excessif pour que la teneur de cet article ressemble étrangement aux discours des marketings accrochants et embobineurs, ni aux tirades des démarcheurs commerciaux collants et emberlificoteurs. C'est donc sans fioriture dupeuse et sans emphase charlatanesque que nous abordons ce thème, oh ! Combien vaste et consistant.

Rien à vendre, rien à brader ; nous prétendons seulement présenter le cactus sous toutes ses formes : raquettes (cladodes), fleurs, fruits et racines tels que les scientifiques et les chercheurs l'ont défini et présenté. Et Dieu sait si cette plante et ses composantes renferment des vertus médicinales magiques et des activités biologiques fabuleuses : anti-ulcère, anti-diabétique (diabète type 2), anti-inflammatoire, anti-rides, cicatrisant, diminue le cholestérol et l'obésité, ... et d'autres bienfaits que nous découvrirons ensemble tout au long de cet article.

 

De son vivant, feu Abdelaziz LAROUI, faisait souvent de la consommation des figues de barbarie son cheval de bataille. Il ne laissait jamais passer une occasion sans qu'il fût question de fruit ou de dessert sans exhorter les Tunisiens à consommer le fruit le plus bénéfique et le moins cher, disait-il, « Soltan el ghalla ».  Abdelaziz LAROUI n'était pas le seul à faire l'apologie du « héndi ». Nos aïeuls,  eux aussi, en consommaient régulièrement et à volonté et croyaient en quelques unes de ses vertus. Ils en faisaient des confitures (Rob), des conserves et des figues de barbarie asséchées (Chriha). Ils malaxaient des cataplasmes à partir des raquettes pour les appliquer sur la tête ou sur les parties enflées du corps.

Il est vrai que dans les années soixante et soixante-dix il n'y avait pas un grand choix de fruit en Tunisie, hormis les quelques  variétés locales de petit calibre à l'apparition brève et éphémère sur les marchés  car on ne disposait pas dans notre pays de chambres froides ou de frigos de stockage. Les plus nanties des ménagères pouvaient se permettre de garnir leurs panières  de temps à autre de quelques pommes françaises, Rainettes ou Golden, ou  quelques poires espagnoles, William ou Hardy, et une fois l'an une fournée de bananes d'outre atlantique à des prix exorbitants vient embaumer les étals des marchands installés surtout dans les quartiers chics. La classe populaire, faute de pouvoir se le payer, est acculée à sentir ses bonnes odeurs quand elle ne glisse pas sur ses peaux. Heureusement pour les frugivores de tout bord que la Tunisie est l'un des plus grands producteurs de « héndi », figue de barbarie. Pour une poignée de millimes, riches et pauvres peuvent se délecter autour d'une corbeille bien fraîche, bien garnie.

« Science sans conscience n'est que ruine de l'âme »

C'est ce que disait un éminent philosophe. L'histoire lui a toujours donné raison. Si l'on passe en revue  les massacres, les génocides et les exterminations de ces derniers siècles, force nous est de constater que des savants comme Alfred NOBEL (créateur de la dynamite) ; Albert EINSTEIN (premier responsable de la bombe atomique), Serguei KLACHNIKOV (inventeur de la mitrailleuse kalachnikov) etc... sont trempés jusqu'au cou dans ces crimes ignobles. Ils ont mis leurs recherches et leurs découvertes au service de gens belliqueux et inhumains, sanguinaires et barbares qui n'ont pas hésité à en faire usage avec violence et sans conscience.

  Par contre Louis PASTEUR (vaccin contre la rage), Alexander FLEEMING (la Penicelline), Johannes GUTENBERG (l'inventeur de l'imprimerie)... ont révolutionné le monde tout en servant à l'humanité une multitude de solutions intelligentes aux maux et aux malheurs qui la rongent depuis l'aube des temps.

Faisons à présent une pirouette et sautons du coq à l'âne sans toute fois perdre le filigrane « héndi », figue de barbarie.

D'après les recherches effectuées sur le cactus un peu partout dans le monde, on ne finit pas de lui trouver des bienfaits thérapeutiques et médicinaux. Et si un jour on se met à hésiter à consulter un médecin pour un banal bobo ou manger un bon « quarto » de « héndi », le mérite reviendra aux scientifiques qui ont mis en valeur toutes les vertus de cette potion magique.

Depuis la nomination du docteur Ali NEFZAOUI par l'FAO au poste de coordinateur international de cactus dans le monde, les recherches scientifiques et la plantation de nouvelles surfaces  en Tunisie ont connu un développement flatteur.  L'institution du Dr. Ali NEFZAOUI ne lésine pas  sur les efforts pour conseiller, enseigner et apporter son soutien et son assistance aux laboratoires qui travaillent sur le cactus  que ce soit au Mexique, en Argentine ou en Tunisie. De son côté, la faculté des sciences de Gafsa a bien compris qu'il lui incombe d'accentuer les recherches et les investigations dans un domaine qui lui est propre. L'enthousiasme et les encouragements fusèrent de toute part : le ministère de l'Enseignement supérieur, le ministère  de la Recherche scientifique et Technologique, le gouvernorat  de Gafsa, l'INRAT, l'FAO (par le biais du Dr. A. NEFZAOUI) et  d'autres ont vivement encouragé l'unité de recherche « Biochimie Macromoléculaire et Biologie (BMG) », sise à ladite faculté et devenue spécialiste en la matière. Cette unité a poussé plus loin les travaux sur cette plante magique. Petit à petit, les petits rus deviennent ruisseaux et commencent déjà à verser leurs résultats dans l'océan des données universelles, une pierre dans la mare de la connaissance.

Les Mexicains sont les premiers à s'intéresser au cactus. Ils ont peut-être compris avant nous son utilité et ses vertus thérapeutiques et pharmaceutiques. Le Mexique est le plus grand producteur, consommateur et exportateur de figues de barbarie. Il compte plus de trois millions d'hectares de plantation de cactus. On fait des salades avec les raquettes, du jus avec son fruit...

Les Américains, quant à eux, ont fabriqué un médicament à base de « héndi », sous forme de capsules, mis dans un flacon de 150 ml, et commercialisé vers les 22 $ avec les indications suivantes : régulateur de glycémie, anti-obésité et anti-cholestérol.

Pour en savoir plus sur la figue de barbarie, connue aussi sous le nom de figue d'Inde d'où la dénomination en dialectal tunisien « héndi », nous nous sommes rendus au laboratoire de la BMG de la faculté des sciences de Gafsa où nous avons rencontré le Dr. Lazhar ZOURGUI et le Dr. Sami SOUID qui encadrent simultanément plusieurs doctorants appliqués à l'étude des activités biologique du cactus. Le Dr. Lazhar ZOURGUI, directeur de l'unité de recherche, a bien voulu nous donner quelques éclaircissements sur les étapes des recherches accomplies au sein de l'unité de recherche et les résultats atteints jusqu'à ce jour.

 

« Encore au stade in vitro »

                               « Notre laboratoire collabore essentiellement avec le laboratoire des maladies transmissibles et substances biologiquement actives de la faculté de médecine dentaire de Monastir dirigé par le professeur Mahjoub AOUNI ainsi que le laboratoire de recherches sur les substances biologiquement compatibles de la faculté de médecine dentaire de Monastir dirigé par le professeur Hassan BACHA.

70% des activités de l'unité de recherche sont concentrées sur le sujet « héndi » afin de percer ses mystères et mieux connaître ses multiples effets thérapeutiques. Nous travaillons d'autre part sur un axe qui concerne la plante elle-même : sa résistance à la salinité et à la sècheresse et son adaptation au différents types de sols afin d'étendre sa plantation dans les zones arides et désertiques et le planter comme barrage contre l'érosion et la désertification.

Toutes nos recherches, bien qu'elles soient avancées et concluantes, elles n'ont pas encore franchi le stade in vitro. Mais nous sommes en mesure de confirmer certaines vertus essayées sur les rats et prouvées dans d'autres centres de recherches en Tunisie et à l'étranger.

Cette plante, tenez-vous bien, possède les facultés suivantes : anti-inflammatoire, anti-virale, anti-bactérienne, anti-oxydante (le stress), anti-ulcère, anti-diabétique (diabète type 2), antirides (elle contient la vitamine E), anti-cancer, cicatrisante, diminue le cholestérol et l'obésité.

La figue de Barbarie est utilisée aussi dans l'industrie cosmétique : gel, crème de lifting, crème de soin, crème anti-rides, champoing et même parfum.

Nous ne pouvons vous dévoiler les résultats de nos travaux en cours avant leur publication ; ce qui est sûr est que nous sommes bien avancés dans nos recherches. »

Dr. Lazhar ZORGUI  et Dr. Sami SOUID profitent de notre passage dans leur laboratoire pour nous solliciter de transmettre leurs reconnaissances et leurs remerciements à tous ceux qui les soutiennent dans leur tâche instructive et noble notamment le ministre de l'Enseignement supérieur, le ministère de la Recherche scientifique et de la Technologique, le Recteur de l'université de Gafsa  et le doyen de la faculté des sciences de Gafsa ainsi que tous  leurs collaborateurs en Tunisie, en France et aux USA.

Feu Abdelaziz LAROUI et nos aïeux, en appelant à sa consommation, ne connaissaient certainement que l'arbre qui cache la forêt des bienfaits du « héndi » prouvés empiriquement et scientifiquement.

Preuve à l'appui, c'est à notre tour d'encourager nos concitoyens malades et bien-portants à le consommer. Vous n'en tirez que profit. Une seule recommandation : ne le mangez pas à jeun, n'allez pas jusqu'à l'excès car vous risquez de courir derrière les laxatifs.

Rencontrions-nous dans les prochains jours dans nos quartiers des marchands ambulants de « héndi » crier « héndi, héndi, douak éndi » et vendant ce fruit à des prix assommants, forts et piquants.

 

Par : Nizar Gharib

Source : Le Temps  http://www.letemps.com.tn

Date de publication : 24/08/2006

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La figue, l’écrivain et le 4x4

Bien qu'apprécié par sa production fruitière autant que fourragère, le figuier de Barbarie ne connaît pas d'extension notable au Maroc.
Dès 1944, une collection de cactées a été établie sur une superficie de 500 ha à Béni Smir près de Oued Zem. Elle constitue actuellement une base importante de matériel végétal pour d'éventuels travaux sur les ressources génétiques du figuier de Barbarie.
Cependant, bien que cultivé au Maroc depuis des décennies, le figuier de Barbarie, comme les fruits subtropicaux d'importance secondaire, s’est peu développé. La tendance générale est surtout de continuer à l'utiliser en tant que haie de délimitation de propriétés et de commercialiser ses fruits au voisinage des ceintures urbaines. A l'exception des zones sahariennes et des montagnes, le figuier de Barbarie est largement représenté dans le paysage rural marocain, en plantations plus au moins régulières, autour des villages, en haies limitant les parcelles de culture ou de vergers. La figue de Barbarie est un fruit de consommation appréciable en été et une source de revenus pour les petites exploitations familiales. Un genre de plantation qui constitue par ailleurs une ressource fourragère de soudure en zones arides et semi-arides est utilisé pour la protection des sols contre l'érosion dans les régions accidentées.
Pourtant, le Maroc qui a connu plusieurs années de sécheresse successives gagnerait à développer la culture de cette plante et à intensifier la vulgarisation de son usage en tant que source de fourrage dans les zones sèches. Les fruits du figuier de Barbarie sont plus au moins gros (30 à 150 g), bacciformes piriformes (4-9 cm), jaunes à rouges à maturité, à pulpe molle, juteuse, sucrée, contenant dans un mucilage de nombreuses petites graines.
Débarrassées de leur enveloppe charnue, les figues de Barbarie sont consommées fraîches. Très rafraîchissantes, elles sont aussi nutritives et 25 à 30 fruits suffisent à l'alimentation journalière d'un homme. Une plantation, conduite correctement et en terre moyenne, peut produire de 15 à 20 tonnes de fruits à l'hectare.

Depuis plusieurs décennies, et plus particulièrement depuis la création du service de la défense et de la restauration des sols au Maroc, de nombreux périmètres d'amélioration pastorale ont été plantés en figues de Barbarie. Les régions du Centre et du Tensift sont parmi celles où des plantations régulières et sur de grandes étendues, ont été installées dans le cadre des opérations de lutte contre l'érosion.

Dans son ouvrage «Aïlen», le grand écrivain Edmond Amran El Maleh en parle d’une façon originale et percutante, digne de ce fruit dit paradisiaque «Chumbo, kermos ennassara, les figues de Nazareth, hendia, figues des Indes, don des Aztèques, de l’Empire espagnol au peuple marocain, fruit de miel de sang et d’or, (…) aknari, fruit d’été, plaisir du pauvre et du riche aussi, (…), ami des chiens errants, des hommes errants, fruit de la passion et de la juste colère, sève des récits pittoresques, des constipations homériques, indice sûr du coût de la vie : hier il suffisait de louer le couteau pour s’en mettre plein le ventre, aujourd’hui il faut payer à la pièce ce fruit du destin, fruit métaphysique…». Le génie populaire marocain continue de produire des anecdotes à propos de ce fruit. Avec cette vague de spots publicitaires qui promettent des gains aux personnes qui consomment certains produits (huile , beurre, cubes de bouillon, poudre de lessive, boissons etc), un touriste approche un vendeur de hendia ironisant : «Il n’y a que ces figues qu’on ne passe pas à la télé en incitant les gens à leur consommation contre un éventuel lot de gain».
Le marchand rétorque: «mais bien au contraire, vous êtes passible de gagner une 4x4 en mangeant un maximum, et que…» Avant que ce dernier termine sa phrase, l’homme commence à avaler les fruits se faisant servir par un gamin qui épluche les figues avec une dextérité infaillible. Au bout de la cinquantième hendia goulûment avalée, le marchand reprend la suite des conditions «voici les clés de la voiture si vous arrivez à vous soulager sans l’aide d’un médecin !»
 

Par : Mohamed BENKHALLOUK

Source : Aujourdui le Maroc www.aujourdhui.ma

Date de publication : 15/07/2002

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Un projet de chaîne agro-alimentaire à base de cactus pour la région de Kalâa des Sraghna

 

· Confiture, sirop, jus, cosmétiques et sucre de roux peuvent être produits
· La superficie actuelle de 15.000 ha devra être portée, au terme du Plan quinquennal, à 100.000


Un visage émacié avec des pommettes saillantes, le regard vide, une veste usée, un col de chemise sale, des sandales de cuir datant de bien des années Ahmed, paysan de la province de Kalâa des Sraghna, ne sait comment continuer à faire vivre sa famille. Les récoltes céréalières de cette année sont très maigres. Le pâturage est de plus en plus rare et il ne sait comment affronter les dépenses de la saison suivante. Au banc des accusés, la sécheresse qui a frappé une fois de plus. Seulement, lui, il est habitué à cette situation. Dans la Province de Kalâa des Sraghna, le climat est classé aride et semi-aride. La sécheresse n'y est pas un phénomène inconnu. Elle frappe 7 exercices sur 10. Cette année, le ciel a encore été très peu clément. Cependant, Ahmed n'a jamais pensé à changer son agriculture alors que le blé n'est pas la graine destinée à cette région. Actuellement, le Ministère de l'Agriculture et la Province de Kalâa des Sraghna souhaitent introduire un autre type de culture plus adaptée à ce climat. Il s'agit de celle du cactus. Quoique cette plante ait été introduite depuis plusieurs décennies par le Service de la Défense et de la Restauration des Sols (SDRS), elle n'occupe aujourd'hui qu'une superficie de 15.000 hectares. L'ambition des responsables est de la porter, au terme du Plan quinquennal 1999/2003, à 100.000 ha. Les travaux de plantation devront commencer au mois d'octobre prochain, est-il précisé.

L'argumentation développée par les promoteurs de ce projet est que, outre l'adaptation au climat semi-aride, cette plante permette une protection des sols contre l'érosion et la sauvegarde du cheptel en période de sécheresse en utilisant les raquettes sous forme de fourrage.
Reste que le plus important est la possibilité de développer une chaîne agro-alimentaire avec tout l'impact socio-économique qu'elle peut produire sur la population. En effet, les expériences dans d'autres pays, notamment en Amérique latine, et particulièrement au Mexique, montrent que les figues de barbaries sont utilisées pour la production de sirop, jus, confiture, cosmétiques et sucre de roux (naturel). Aussi les raquettes peuvent-elles être utilisées pour la production de biogaz. De même, certaines espèces (Nopals) peuvent servir pour les conserves ou être vendus à l'état frais pour la consommation humaine en tant que légumes. A cela s'ajoute "la possibilité d'exploiter les champs du cactus pour l'élevage d'insectes. L'objectif est l'obtention de colorants naturels (carmin de cochenille)", précise le document technique de présentation du projet. Ces projets devront être appuyés d'une assistance financière et technique étrangère.
Dans tous les cas, ces opportunités offertes par l'exploitation de cactus renseignent sur les nombreuses possibilités de valorisation industrielle qui pourront changer le visage économique de cette région. Les effets sur la population seront mesurés en termes d'emplois créés, de l'activité commerciale induite et des revenus tirés par la population cible.
 

Le cactus et le Plan quinquennal

Plusieurs mesures s'insèrent dans le Plan quinquennal du Ministère de l'Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes.
Ainsi, le budget du Plan prévoit 2 millions de DH pour l'extension des plantations de cactus, particulièrement au niveau de la région de Rhamna (Kalâa des Sraghna). Cette enveloppe devra financer les études, les essais et l'encadrement de la population. Ce même budget concerne aussi la plantation de 2.260 ha de cactus dans la Commune de Jâafra (Kalâa des Sraghana). L'opération entre dans le cadre d'un projet intégré de mise en valeur en bour étalé sur trois ans. L'enveloppe qui lui est réservée s'élève à 13 millions de DH. En somme, le Plan quinquennal prévoit la réalisation de près de 100.000 ha à raison de 18.000 par an.

Les ambitions chiffrées pour le cactus

· L'exploitation de cette culture engendrerait un revenu additionnel de 50 millions de DH par rapport à celle des céréales

· Près de 25.000 emplois permanents peuvent être créés dans la région

Le Ministère de l'Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes et la Province de Kalâa des Sraghna placent la barre très haut. Ensemble, ils ambitionnent de porter, au terme du Plan quinquennal 1999/2003, la superficie actuelle des exploitations de cactus dans la Province de 15.000 à 100.000 ha.
Selon une fiche technique du projet(1), l'élargissement des implantations de cactus devra être réalisé particulièrement au niveau de la région des Rhamna. Cette culture permettra ainsi la fixation de la population et l'arrêt de l'exode rural, phénomène plus intense durant les périodes de sécheresse. Cette rétention de la population serait en effet rendue possible via les activités engendrées par les exploitations de cactus.
Ainsi, le projet permettra un revenu additionnel de 50 millions de DH par rapport à la céréaliculture, est-il indiqué. En effet, précise l'étude, un hectare de cactus rapporte au terme de quatre ans d'activité un revenu annuel de 2.000 DH. Pour 100.000 ha, le revenu tiré sera de 200 millions de DH (l'équivalent des revenus de l'activité céréalière). "A cela s'ajoute la valeur de la production fourragère qui est estimée à 500 DH/ha, soit donc un total de 50 millions de DH", est-il précisé. La répartition de cette enveloppe additionnelle "rapportera un revenu moyen additionnel de 8.500 DH par ménage".

Parallèlement, la culture de cactus permettra la création de plusieurs postes d'emploi. Ainsi, outre les journées de travail consacrées au découpage des raquettes et la préparation des aliments destinés au bétail en cas de sécheresse, cette culture induira la création de quelque 3 millions de journées de travail par an, soit l'équivalent de 25.000 emplois permanents. Une richesse de 90 millions en termes de revenus sera ainsi générée.
S'agissant de l'emploi féminin, le projet avance que la préparation de la ration alimentaire destinée à l'élevage ovin à base de cactus permet la création de 225.000 journées de travail sur trois mois. Ce qui représente un revenu total de 6,75 DH dont 50% destinés à la femme rurale.


(1) Développement de la culture de cactus dans la Province de Kalâa des Sraghna.
 

Par : Aniss MAGHRI
Source : L'Economiste :  http://www.leconomiste.com/

Date de publication : 25/10/1999

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La figue de Barbarie arrive sur les marchés

La figue de barbarie ou "el hendi" arrive sur les marchés  à Batna, comme chaque année en pareille saison.         
Vendu par unité et débarrassé de sa peau et des épines, ce fruit est  proposé à la consommation sur place pour les plus gourmands, ou à conserver  dans un réfrigérateur, en prévision du dessert ou d’une dégustation entre deux  repas.         
La figue de Barbarie, longtemps considérée comme le fruit du pauvre  qu’on n’osait pas présenter aux convives ou sur une table de qualité, est en passe  de gagner ses lettres de noblesse, avec un début de promotion le destinant même  à l’exportation.         
Ce fruit tiendrait sa "mauvaise" réputation à ses épines, très fines,  nombreuses et difficiles à enlever, et à la contrainte de le débarrasser de  sa peau.           "Voici la figue de Barbarie, c’est moi qui fournis le couteau" (el hendi  ouel mouss men aândi), est le cri caractéristique des vendeurs, qui le transportent  de quartier en quartier, sur un chariot à roues. En effet, le vendeur, lui-même  équipé de gants en caoutchouc et d’un bon couteau, et pour le débarrasser de  son enveloppe, fait de manière adroite et précise une incision en longueur  sur la peau, puis deux autres incisions sur les bouts, afin que le fruit doré  et gorgé de jus soit consommé.         
Sa mauvaise réputation d’antan, ce fruit la doit également à sa chair  remplie de pépins durs, impossibles à éliminer et provoquant de graves indigestions  et constipations en cas d’abus de consommation, surtout que, par le passé, il  y avait dans les campagnes des concours des plus grands mangeurs de figues  de Barbarie.          
Fruit du cactus "opuntia", il est appelé en Algérie "hendi" (indien  ou hindou) car son origine remonterait à l’ouverture des routes maritimes de  l’Amérique depuis Christophe Colomb qui partit découvrir les Indes.
 

Par : EL MOUDJAHID
Source : EL MOUDJAHID :  http://www.elmoudjahid.com

Date de publication : 02/08/2005

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Après une longue éclipse : Karmouss n’ssara aux abords des marchés

Si pour l’éplucher, il faut toute une technique, pour la vendre il faut seulement se munir d’un canif et avoir des cordes vocales d’un cantador. Ne cherchez pas loin ! Vous risquez de vous piquer… les pies-mères puisqu’il s’agit tout bonnement de la figue de Barbarie, tchimbo pour ouled l’Bahia, qui revient, après une très longue absence, occuper les trottoirs de la capitale pour être vendue aux citoyens. Il est vrai que la présence des vendeurs de ce fruit n’attire pas les regards des passants pour la simple raison qu’il est redouté pour ses épines mais, bon, nombre de personnes ne savent pas que la figue de Barbarie est excessivement riche en matières calorifiques. Et voilà donc un métier qui refait son apparition ! Un job occupé par des jeunes charretiers ambulants et même par des chérubins qui mettent le fruit dans des cageots pour les écouler. Jadis, les marchands de figues poussaient une charrette et parfois une brouette tout en essayant d’attirer la clientèle par des slogans à leur manière. Jadis, la figue de Barbarie se vendait tôt le matin pour garder sa fraîcheur et les consommateurs se contentaient d’en goûter une voire deux avant d’aller à leurs besognes. Le vendeur, généralement debout, servait ce fruit à consommer sur place. Spécialiste en la matière, il cicatrisait l’écorce en son milieu tout en prenant le soin de ne pas érafler la pulpe puis il passe aux deux extrémités pour faire ressortir la pulpe de couleur jaune, bariolée par des pépins rouges ou violets.

Malgré toutes les attentions et les précautions, on ne peut éviter ces épines plantées dans les doigts et parfois sur la… langue. Aujourd’hui, les temps ont changé et le canif n’accompagne plus le vendeur : la figue de Barbarie est vendue entièrement avec sa peau. On ne peut plus se permettre d’enfourcher la pulpe dans son palais par une température au-delà des 30 degrés centigrades. En cet été 2006, Alger s’est soudainement peuplée de vendeurs de figues de Barbarie. On les trouve partout : à Bab El-Oued, à Belouizdad, à la place des Martyrs, pour ne citer que ces lieux de prédilection en raison des marchés qui s’y trouvent. «Les gens ne connaissent pas sa valeur» Au marché des Trois Horloges de Bab El-Oued, un jeune garçon fait partie de ces vendeurs. Il propose l’unité à 5 dinars mais aucun passant n’y prête attention. A notre arrivée, il n’y a aucun acheteur autour de son étalage. Il paraît désemparé mais reste là, debout, à attendre sa clientèle. Nous l’abordons : 5 dinars, ce n’est pas cher ? Non, pas du tout. Avec tout ce que je me dérange pour les cueillir et les ramener ici, je crois que c’est bien le prix.

Vous les ramenez d’où ? De Kabylie ? Non, pas du tout. Les figuiers de Barbarie se trouvent aussi à Alger. Vous n’avez qu’à monter du côté de Scafino ou du Beau Fraisier et vous en trouverez à gogo. Je vois que les gens ne s’intéressent pas du tout à votre fruit. Allah ghaleb ! Ils y’en a qui préfèrent le raisin, la pastèque ou le melon mais ils ne savent pas qu’el-hendi est riche en vitamines. Ce sont les épines qui leur font peur et, puis encore, c’est un fruit qui demande à être épluché méticuleusement. Est-ce que vous avez une idée sur les vitamines qu’il comporte ? Je sais seulement que c’est bon pour les yeux et aussi c’est un fruit, lorsqu’il se mange frais, est un vrai délice. Vous en vendez combien par jour ? ça dépend de la clientèle.

Parfois quelques-unes, parfois tout. Il y a une semaine, j’avais vendu beljemla la marchandise à quelqu’un qui avait des invités étrangers et, d’après lui, ils lui ont recommandé ce fruit. Eh oui, ce sont des gens qui connaissent sa valeur ! Et si j’achète au-delà d’une pièce ? Je multiplierai par le prix d’une unité. A moins que vous vouliez que je vous remplisse le bidon de peinture, ça vous coûtera 50 dinars. Vous n’épluchez plus les figues pour que les acheteurs les consomment sur place ? ça, c’est bekri. Autrefois, les vendeurs de figues de Barbarie débarquaient tôt le matin dans les marchés et d’autres sillonnaient les rues avec des charrettes. Ce n’est plus le cas de nos jours où il faudra les prendre et les éplucher chez-soi. «Ils ne connaissent pas sa valeur !» telle est la phrase que nous avons essentiellement retenue de ce jeune vendeur. C’est dire que la figue de Barbarie possède tout de même des vertus. Quels sont les secrets du karmouss n’ssara ? Figue de Barbarie, figue d’Inde ou oponce, appelons-là comme on veut. Seulement, il faut dire que ce fruit du cactus ou raquette est appelé par les Arabes, figue du chrétien (karmouss n’ssara). Les figues de Barbarie sont des fruits arrondis ou pyriformes, de couleur pourpre plus ou moins foncée, ou parfois jaunâtre avec des nuances de rouge. Ces fruits contiennent une pulpe juteuse et sucrée, rouge ou jaune, qui contient de nombreuses petites graines.  Les figues de Barbarie sont riches en vitamine C. Sur un lot d’un kg de figue de Barbarie, l’organisme sera enrichi par 8 gr de glucides, 1,3gr de protides, lipides (0,70gr), eau (84,5gr), fibres alimentaires (4,40gr). Riche également en minéraux, la figue de Barbarie possède 183 mg de potassium, 32 mg de phosphore, 46 mg de calcium, 28 mg de magnésium, du fer, du sodium et du cuivre. La liste ne s’arrête pas là comme les vitamines C, A, B1, B2, PP. Sa concentration en calcium et phosphore en font un aliment de prédilection pour les tortues terrestres. Conseillée par tous les éleveurs, la figue de Barbarie apporte le calcium nécessaire à la constitution de la carapace ou l’ossature des reptiles, évitant ainsi des carapaces déformées ou des os fragilisés, à donner régulièrement, la figue de Barbarie est l’un des rares fruits à fournir un tel taux phosphore/calcium. Aussi, il faut savoir que la figue de Barbarie peut être conservée plusieurs semaine au frigo, voire plusieurs mois au congélateur pour l’hiver sans perdre ses propriétés caractéristiques. Ce fruit est tellement prisé par les Européens (les frais de port d’un kg de figue de Barbarie sont fixés à 5 euros en France) que certains d’entre eux préfèrent visiter l’Egypte, la Tunisie ou encore l’Algérie pour ce fruit.  Dernièrement, du côté d’Azazga, dans la wilaya de Tizi Ouzou, un Italien, en vacances dans le coin, n’a pas trouvé mieux que de brûler la politesse, très tôt le matin, aux gens qui l’ont invité, pour aller cueillir ce fruit. Mal lui en pris, il ne connaît pas la technique de la cueillette et s’est retrouvé les mains pleines d’épines. Par la suite, on lui a expliqué qu’il faudrait cueillir ce fruit d’abord à l’aide d’une tachekoumth (espèce de gaule) avant de les entasser au sol pour les débarrasser des épines. Le rital avait bien appris la leçon car, dans les jours qui ont suivi sa mésaventure, il le faisait tout seul et… impeccablement. De là, on comprend toute la valeur de ce fruit qui est mésestimé chez nous mais qui recèle des produits calorifiques. El hendi ou’la lemhadjeb ! A la place des Martyrs, les vendeurs du fruit de la raquette sont beaucoup plus présents qu’à Bab El-Oued. Quand on les a questionnés, ils font montre d’une connaissance de la qualité de leur fruit. L’un d’eux nous a même dit que s’il avait les moyens de transport, il inonderait Alger par el-hendi. «Dommage ! Je n’ai pas de voiture mais si c’était le cas, je ramènerai ce fruit de Naciria. Il paraît qu’il y a meilleur là-bas.» Chose absurde tout de même, la figue de Barbarie coûte à la place des Martyrs entre 5 et 10 dinars. Pourquoi cette fluctuation de prix ? «ça dépend de la grosseur. Si le client veut des petites, il les paie à 5 dinars l’unité.  Par contre, s’il désire prendre les plus grosses, il n’a qu’à payer le double. C’est logique, non ?», nous confie notre interlocuteur. Il est vrai que la figue de Barbarie, contrairement aux autres fruits vendus à la sauvette et illégalement, est un fruit dont le prix ne se négocie pas. On a beau essayer de prendre trois figues à trois dinars l’une, mais niet. Les vendeurs des figues de Barbarie sont là chaque été. «Je peux aller vendre des m’hadjebs ou du thé sur la côte mais cela demande beaucoup de sacrifices. Je préfère venir ici écouler ma marchandise. Il faut que les gens prennent connaissance de ce fruit très bon et plein de vitamines. Moi, ça m’arrange de les vendre épluchées pour plusieurs raisons : d’abord, quand vous donnez une figue à manger au consommateur, il en demande d’autres et en raffole sans discontinuité.

Puis, l’épluchure je la vendrais à un monsieur qui a deux ânes. Vous voyez ? Tout se négocie ici. Il faut savoir comment ramer, ya chikh ! Août 2006 se meurt pour laisser place à un septembre plein de surprises. Août 2006 s’en va, emportant avec lui ses cactus, ses figues de Barbartie et ses vendeurs.  Non, ceux-là seront là puisqu’il y a toujours quelque chose à écouler. Et quand on sait que ramadan est à nos portes… S. L.

 

Par :   Saïd Lacète ID
Source : LE JEUNE INDEPENDANT :  http://www.jeune-independant.com

Date de publication : 03/09/2006

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