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Quatrième journée nationale sur le cactus |
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| Le programme | Les résumés | Participation de l'ANADEC | |
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Sommaire - La production de blocs alimentaires de cactus ( Dr. Araba, IAV Hassan II) - La Composition et valorisation des fleurs du cactus ( DR.Boujnah, INRA) - L'expérience de Tiznit dans la production de filets de raquettes, de compotes et de fruits secs de cactus ( DPA de Tiznit ) - Cactus et santé ( Dr Khadija BELKZIZ Association Maghred-bio) - Le séchage et le conditionnement du cactus ( Dr. Hammadi CHIMIJAV Hassan II ) - La culture du cactus dans les programmes d'amélioration pastorale ( Direction de l'Elevage ) - Le cactus dans la conservation des sols ( Direction des Aménagements Fonciers) - Acquis de la recherche agronomique en matière de cactus ( Dr Mezzouri et col CRRA de Settat) - Débats |
Valorisation des fruits de cactus dans l'alimentation des ruminants
La culture du cactus
connaît actuellement un regain d'intérêt dans plusieurs pays en raison de sa
contribution dans la mise en valeur des terres marginales des zones
arides et semi arides, son adaptation à divers climats et sols ainsi que ses
multiples utilisations. Parmi ces dernières, on peut citer : la production
fruitière, la production de légumes (nopals) et la production de fourrage. Le
cactus constitue une source fourragère sur pied pour le bétail. Il est utilisé
pour cette fin sous forme de fruits non acceptés par l'homme, des pelures, des
raquettes débarrassées d'épines coupées en petits morceaux seuls ou mélangés
avec d'autres aliments de bétail. Au Maroc le rendement de fruits est estimé à
environ 8 à 25 tonnes l'hectare selon les précipitations enregistrées au cours
de l'année. Ce tonnage n'est pas totalement utilisé pour la consommation
humaine. Une quantité non négligeable de fruits reste sur les plantations et
peut constituer un apport fourrager consistant pour les ruminants.
La valeur nutritive de ce
fruit du cactus est comparable à celle des fruits juteux considérés comme une
bonne source énergétique et de vitamine C. Il est constitué de 56 à 58 % d'eau,
18 à 20 % de glucides, 4 à 6 % de protéines et 6 à 8 % de sels ( Ca, K, Mg ).
Une des techniques de valorisation de ces fruits est leur incorporation dans des
blocs alimentaires. C'est dans ce sens que des blocs alimentaires à base de
fruits de cactus ont été développés. Plusieurs formules ont été testées et des
blocs ainsi constitués. Les niveaux d'incorporation de fruits de cactus ont
variés de 20 à 50 % Ces fruits ont remplacé progressivement le mélasse de
betterave. Les autres
ingrédients incorporés dans les blocs sont le tourteau de tournesol, le son de
blé, l'urée, le complément minéral et vitaminé et un liant constitué soit du
ciment soit
de la chaux (avec de l’eau). Pour produire ces blocs, il est nécessaire de
malaxer le fruit de cactus et d'ajouter les autres ingrédients tout en les
mélangeant. Une fois qu'on a obtenu une pâte homogène, on la déverse dans un
moule puis on tasse avec une plaque pour produire un bloc similaire à une
brique. Ces blocs sont ensuite laissés à l'air libre pour sécher pendant 2 à 4
semaines avant d'être distribués aux animaux. Compte tenu de l'énergie et
l'azote fournis par les blocs, ils devront améliorer l'activité des
microorganismes du rumen, se traduisant ainsi chez les ruminants alimentés à
base de grossier à faible valeur nutritive (paille,...) par :
- une amélioration de l'ingestion
- une amélioration de la digestibilité de la matière organique,
- une amélioration de la digestibilité des protéines.
En conclusion,
l'élaboration de blocs alimentaires à base de fruits de cactus permettra une
meilleure valorisation d'un co-produit de cactus non commercialisé pour la
consommation humaine, et ce pour mieux entretenir les ruminants pendant les
périodes de faibles disponibilités alimentaires et pour améliorer l'utilisation
des fourrages grossiers et pâturages pauvres. De plus, elle constituera une
meilleure méthode pour utiliser l'urée, et comme support pour les minéraux, les
vitamines, et les additifs alimentaires. En outre, la fabrication des blocs ne
nécessite pas d'équipement sophistiqué. Plusieurs formules peuvent être mises au
point selon les disponibilités en
ingrédients et l'objectif recherché.
La santé est le bien être de la personne, elle correspond à une hygiène de vie se basant sur plusieurs facteurs dont la nutrition, l'environnement, le mouvement, le combat des toxines... Dans cette optique, les cactus (opuntia divers), plantes mexicaines, introduites par les espagnoles en Afrique du nord au XVI0™ siècle, représentent un appoint nutritionnel et médical important ; depuis, ils sont cultivés et naturalisés ; En effet, les populations locales utilisent plusieurs variétés de opuntia ficus indica en particulier :
- Aknari nnsara ( nopal des chrétiens ), comme clôture ( zriba ), variété à raquette épineuse, autant que pour la fixation du sol
- Aknari lemselmine (nopal des musulmans), comme fourrage vert des animaux, variétés à raquette inerme.
- Aknari moussa (nopal de moise), comme aliments, variétés de figues grosses et sucrées surtout à Ifni, les fruits sont consommés frais ou sèches (après trempage).
- En tant que médicament, on utilise les fleures, les fruits, la sève, sous forme de recettes de 'bonne femme' transmises de génération en génération, sur une notion empirique de leur efficacité.
- L'huile est très riche, comestible et utilisée en cosmétologie.
- Les plantations ont servi pour l'élevage de la cochenille, très demandée à l'époque par les teinturiers.
Actuellement, les fruits
sont très prisés, bon marché et vendus en été dans toutes les villes par des
marchands ambulants ; dans les zones arides et semi-arides, un
vaste programme couvre actuellement 90.000 ha dont 26.000 ha dans votre région.
Les recherches scientifiques découvrent des usages des cactus dans la nutrition,
dans la thérapeutique, la cosmétologie ou dans l'environnement. Les
potentialités offertes par ces plantes utiles, bon marché, facile à cultiver et
à entretenir, sont considérables et peuvent s'intégrer dans un programme de
développement humain durable ; c'est une activité bien adaptée aux femmes pour
lesquelles elle peut constituer un appoint économique appréciable, et répondre à
la nécessité quotidienne de certains malades, dans un carde préventif ou
curatif. Aussi, le Maroc peut-il, pour ces plantations, explorer le créneau BIO
et les produits transformés à base des opuntias ou d'autres cactées tels l'agave
ou l'aloé, tant sur le marché local qu'international
Résumé de
l'exposé de la DPA de Tiznit
Thème : la culture du cactus à Ait Baamrane
Au niveau de la Province de Tiznit, le cactus s'étend sur une superficie de 36.000 ha concentrés principalement dans la zone d'Ait Baamrane (22000 ha) et la Commune Rurale de PArbâa Sahel (1000 ha). Le profil variétal se compose de trois variétés à savoir Achefri, Aissa et Moussa. Actuellement, la culture de cactus connaît une augmentation annuelle de 4% au détriment des céréales. En effet, il génère des revenus importants, emploie de la main d'oeuvre (13340 homme/mois), contribue à 10 % dans l'apport alimentaire du cheptel et joue un rôle écologique primordial dans la conservation des sols.
Les variétés inermes Aissa et Moussa sont très rentables. Elles dégagent des marges brutes respectivement de 7.600 Dh/Ha et 15600 Dh/Ha. Elles restent largement supérieures à celles des céréales qui ne dépassent pas 1000 Dh/Ha. La commercialisation des fruits est généralement non organisée. Elle se fait généralement par la ventes sur place à travers des intermédiaires. Ces derniers profitent de la non organisation des producteurs pour en tirer profit. Le séchage du fruit constitue la principale forme de valorisation et de conservation principale dans la région. Les quantités séchées annuellement demeurent très faibles et les prix de vente varient entre 5 et 10 Dh/Kg. Toutefois, cette culture se trouve sous exploitée étant donné que presque 40%, soit 94960 tonnes de la production est non commercialisées et non valorisées par manque d'une infrastructure adéquate. Dans le cadre du développement, et de la promotion de la femme rurale, la coopérative féminine « Aknari » a été créée dans le but de transformer le fruit du cactus en d'autres produits à forte valeur ajoutée. Cette expérience permettra non seulement l'amélioration du revenu de la femme rurale mais aussi de montrer les possibilités de transformation et de valorisation de cette culture et de l'étendre à d'autres régions du Maroc.
La coopérative AKNARI a
été créée le 23 Janvier 2001 avec un capital social de 3700,00 Dh. Le nombre des
adhérents est de 35 femmes. La population bénéficiaire des activités de la
coopérative AKNARI s’élève à quelques 1420 personnes dont 780 sont des femmes
ou jeunes filles. Les objectifs de la création de
cette coopérative :
- Produire des produits à haute valeur ajoutée (Confiture, conserve de filets de raquettes, extraction de l'huile à partir des graines)
- Acquérir les technologies en industrie agro-alimentaire
- Améliorer les conditions socio-économiques de la femme rurale.
Lutte contre l'érosion hydrique par
la Plantation du Cactus dans le cadre des Projets
de Mise en Valeur en Bour
Le cactus est une plante
répandue dans plusieurs régions à climat aride et semi-arides son extension
n'est limitée que par les basses températures. Les sols
supportant cette cultures sont les sols à texture sableuse ou sablono-limoneuse,
peu à très peu profonds, présentant souvent une charge superficielle importante
en
cailloux et un PH moyennement acide.En effet, on rencontre cette culture un peu
par partout au Maroc ; elle est répandue le long des régions côtières depuis
sidi Ifni jusqu'à Tanger mais aussi elle se développe normalement dans les zones
continentales. En 1998, la superficie couverte par cette culture a atteint
45.530 Ha soit 11 % de la superficie occupée par les arbres fruitières. Dans la
province de Tiznit, cette plante occupe la plus grande superficie soit 34.110 Ha
dont 22000 Ha dans la région de sidi Ifni et Ait Baâmrane à elle seule. Cette
superficie connaît une progression annuelle d'environ 4%. Le cactus est une
plante à fonction multiple, présentant une valeur nutritive pour l'homme et les
animaux. En outre, cette plante joue un rôle très important dans la fixation et
la conservation des terres en pente menacées par l'érosion hydrique, notamment
dans les zones arides et semi-arides où d'autres spéculations sont très
difficiles à réussir. Son efficacité d'utilisation de l'eau lui permet de
coloniser facilement et rapidement de grandes étendues. C'est une plante de
référence très indiquée pour la lutte contre la désertification et les effets de
la sécheresse qui permet de réhabiliter des espaces de faune et de flore ayant
atteint un degré avancé de dégradation.
Cette culture à divers usage peut être cultivée en ligne très rapprochées sur des parcours pour revitaliser le milieu et favoriser une certaine production fourragère très utile en période de soudure. Elle peut être plantée en intercalaire dans les champs cultivés en céréales dans l'objectif de conserver les sols et les eaux et offrir une production fruitière en plus des récoltes céréalières. Dans le recueil des techniques de conservation des eaux et des sols élaboré par la DAF dans le cadre du programme Appui Environnemental, le cactus est souvent associé aux techniques mécaniques de lutte contre l'érosion des sols telles que les murettes, les cordons en pierres sèches et les gradins forestiers. Ainsi, elle permet la fixation et le renforcement de l'ouvrage et procure une production utile à la consommation humaine et animale. En effet, et selon les études menées dans la région d'El Kelaa et Tiznit, un hectare de cactus produit une valeur d'environ 30.000Dh/an.
La recherche bibliographique à propos de cette culture révèle que son utilisation pour la protection et la mise en valeur des sols dans les zones arides a été démontrée pour la première fois dans la région de Milta Alta au Mexique. Cette région a été complètement défrichée pour y introduire d'autres cultures fourragères tels que le mais. L'opération a totalement échoué et ce n'est que par l'introduction du cactus que cette région a été sauvée et remise en valeur sans risque de dégradation environnemental.Par ailleurs, les opuntias, en association avec d'autres espèces ligneuses, ont été aussi utilisés avec succès dans un programme de fixation des dunes en Somalie.
Concernant l'expérience de la Direction des Aménagements Fonciers, celle-ci a entrepris, dans le cadre des PMVB, la promotion de cette culture essentiellement pour la lutte contre l'érosion hydrique sur les terres en pente cultivées en céréales. La superficie plantée par le cactus jusqu'à ce jour dans le domaine de la lutte contre ce fléau s'élève à 4500 Ha. Les zones concernées par ces réalisations sont Khouribga ( 2300 Ha ), Tiznit ( 300 Ha ), Agadir ( 850 HA ), El Kelaa ( 750 Ha ) et Settat ( 300 Ha ). D'autres superficies à planter par cette culture sont prévues dans les programmes futures. Il en ressort que le cactus - plante peu exigeante en investissement - est l'exemple typique de plante parfaitement convenable pour la mise en valeur et la protection des terres agricoles contre l'érosion dans les zones arides et semi-arides. Ces cultures qui constitue une banque fourragère mobilisable à tout moment de l'année et une source de revenu pour les agriculteurs à travers la commercialisation des fruits, pourrait jouer un rôle très important dans le développement économique de ces zones. D'où, la nécessité de sensibiliser et d'encourager de plus en plus les agriculteurs sur la pratique de cette culture.
Le séchage et le conditionnement du cactus
Dr Hammadi CHIMI – IAV Hassan II Rabat
La diversification des produits du cactus a connu dernièrement d'énormes progrès dans le secteur agroalimentaire. En effet, la valorisation agro-industrielle de cette denrée a abouti à plusieurs produits transformés à savoir : une confiture, un jus, un colorant liquide à base des fruits, un sirop, des filets conservés en saumure, de l'huile extraite à partir des grains de fruits et en fin une farine diététique à partir des raquettes de haute valeur ajoutée. Cette dernière, pourrait être stabilisée par séchage moyennant un séchoir solaire hybride permettant de réduire son activité d'eau , broyée, conditionnée et conservée en vue de son utilisation comme farine diététique. Ce séchoir hybride permet également de sécher convenablement les grains destinés à l'extraction des huiles. Les paramètres de séchage sont convenablement maîtrisés pour éviter toutes réactions secondaires de détérioration des composantes des matières premières a fin d'obtenir des produits finis de meilleure qualité (farines et huile). Mots clés: cactus, valorisation, produits transformés, séchage solaire, farines de raquettes et huile de grains, qualité.